Le Ministre allemand des affaires étrangères, Guido Westerwelle, appelle la Turquie à l’accomplissement des critères européens

Le ministre allemand des affaires étrangères Guido Westerwelle, a déclaré le mercredi 8 décembre, après sa rencontre à Berlin avec le ministre chypriote des affaires étrangères, Markos Kyprianou, « L’Allemagne ne souhaite pas la stagnation des négociations de la Turquie avec l’Union Européenne, elle attend cependant l’accomplissement des critères européens »

D’après une communication officielle, M. Westerwelle a annoncé que « la Turquie est déjà un partenaire clé pour l’Union Européenne et nous croyons qu’ils sont dans l’intérêt  de continuer l’approfondissement des relations à tous les niveaux. » Il a également annoncé que  la Turquie ne doit pas perdre l’occasion d’accomplir ses obligations concernant l’ouverture potentielle du chapitre sur la concurrence, en ajoutant que « nous sommes disposés à aider, à la condition que la Turquie accomplira ces obligations. »

En ce qui concerne la question chypriote, le ministre allemand a annoncé qu’une solution n’est pas seulement dans l’intérêt de l’Allemagne mais de toute l’Europe. « Je me réjouis en particulier que nous représentons ensemble cette opinion. Cependant, une solution exige  une flexibilité sur tous les aspects et pour cette raison nous soutenons les efforts que versent l’ONU depuis des décennies ». Il a mentionné que l’ONU a clairement renforcé ces efforts et le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon est intervenu personnellement au processus des négociations. « Encore une fois nous avons dialogué sur des éventuelles discussions sur le sujet la semaine prochaine dans le cadre du Conseil d’affaires générales à Bruxelles. Notre opinion reste inaltérable : La Turquie ne doit pas perdre l’occasion d’accomplir ses obligations concernant l’ouverture potentielle du chapitre sur la concurrence. »

M. Westerwelle a déclaré son inquiétude pour le Moyen-Orient. « Nous voulons offrir une aide à ceux qui veulent la continuation du processus des négociations. Nous ne pouvons pas retourner à l’inertie, mais il faut que nous gardions tous les aspects sur la table de négociation. Ceci n’est pas seulement dans l’intérêt de la région mais aussi dans l’intérêt de la sécurité mondiale. »

Markos Kyprianou a souligné qu’il soutient une Turquie européenne et pour cela, « elle doit suivre toute la procédure qui est prévue aux négociations, accomplir les obligations que l’UE exige d’elle et y compris pour le cas de Chypre ». « Nous nous voyons qu’à travers cette  procédure. La Turquie pourra contribuer à la résolution de la question chypriote qui est une des conditions qui ont été posées en 2005. ». « Bien sûr nous sommes prêts à collaborer avec nos partenaires pour administrer cette démarche ultérieure. ». Il a informé le ministre des affaires étrangères allemand de l’évolution des discussions, en particulier après la rencontre de New York, et a réaffirmé l’engagement pour le succès de ce processus, pour une solution fédérale et une fédération bicommunautaire qui assurera cependant la réunification de l’île. Il estime que cette solution sera viable et permanente et assurera l’existence d’un Etat ayant une diplomatie internationale, une citoyenneté et une souveraineté unique. « Nous nous sommes engagés sur cette base de solution comme ce qui a été convenu lorsqu’on a commencé les discussions, mais également il est, à parts égales, important que soit maintenue la procédure, c’est-à-dire une procédure qui prévoit une solution des chypriotes pour les chypriotes». Il a ajouté que la question chypriote ne cesse  d’être un problème international d’invasion et de possession. Le rôle de la Turquie est trop important pour la résolution de la question chypriote. C’est ce qu’a reconnu le Conseil de l’Union Européenne mais aussi le comité européen. « Pour que les discussions puissent avancer, il est important que  la Turquie contribue de manière effective et de manière constructive à la procédure des discussions et d’appuyer la solution que j’ai décrit. ». Pour le Moyen – Orient, il a mentionné qu’à travers Chypre, l’union européenne se trouve maintenant dans la région. « Nos opinions sont absolument identiques à celles du gouvernement allemand. »

Markos Kyprianou a indiqué les conditions que doit accomplir la Turquie « ce qui est important, et je veux souligner ceci, est qu’existe la volonté politique de la Turquie pour qu’elle contribue à la concrétisation de cette solution, pour une fédération bicommunautaire. En ce qui concerne l’adhésion de la Turquie,   ‘’nous pensons qu’au-delà des suppositions qui concernent les chapitres sur la science et la technologie, l’Union Européenne en 2005 a fixé des suggestions qui concerne Chypre qui sont non seulement l’application du protocole additionnel sur l’union douanière mais aussi  la reconnaissance de la République de Chypre et la normalisation des relations entre les voisins. Ιl a souligné « Νοus sommes prêts à soutenir ce processus d’adhésion».

Le ministre allemand a affirmé que la Turquie doit continuer le processus d’adhésion, « nous ne le permettons pas de nous retrouver devant une impasse.  C’est pour quoi il est important que les concernés restent flexibles. Nous désirons une orientation européenne de la Turquie » il s’est référé aux déclarations de Markos Kyprianou et a approuvé le processus.

Εn répondant à la question de la place de Chypre concernant l’ouverture du chapitre sur la concurrence, Guido Westerwelle a annoncé que cela ne comprend pas les chapitres en rapport avec les obligations de la Turquie envers Chypre. « Donc, s’ils accomplissent leurs obligations de l’ouverture des chapitres, qui entraînent vers le processus d’adhésion, nous serons prêts à le voir s’ouvrir »

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Un projet gigantesque

Le mercredi 1er décembre à Ankara, Veysel Eroglu, le ministre turc de l’environnement a annoncé la construction d’un canal sous la mer.

le ministre turc de l’environnement,Veysel Eroglu a annoncé que la Turquie projette de construire un canal sous la mer qui transportera  l’eau et relier Alakioprou, ville en Turquie à  un barrage de  Kerynia, ville au côté nord de chypre.

Lors d’une conférence de presse, il a déclaré que la construction du canal a déjà commencé en Turquie et qu’elle s’achèvera dans quatre ans.

Selon le ministre turc, dans six mois la construction débutera au côté occupé à Panagra. Le projet coûtera 400-500 millions lires turques soit 200-250 millions d’euros. Il a aussi annoncé que le canal aura 107.2 km de long, et 75 m3 de capacité d’eau à 250 mètres de profondeur.

A une question qui lui a été posée lors de la conférence, si ce projet inclura la partie grecque au sud de l’île, le ministre répond « c’est au gouvernement de décider, s’il y a la paix, pourquoi pas ?’’

Chypre est divisée depuis 1974 suite à l’intervention militaire turque. En 2004, l’île entière adhère à l’Union Européenne.

Le Nobel d’économie attribué à un Chypriote-Grec

L’Académie royale des sciences de Suède a récompensé, le 11 octobre 2010, Peter Diamond et Dale Mortensen Christopher Pissarides  “pour leur analyse des marchés”.

Christopher Pissarides, chypriote grec d’origine, est enseignant au London School of Economics. Parallèlement, il est aussi connu pour ses travaux sur la croissance et l’emploi. Spécialiste des interactions entre le marché du travail et les décisions de stratégie économique, le 11 octobre 2010 il obtient le prix Nobel d’économie avec Peter Diamond et Dale Mortensen.

La théorie DMP (pour Diamond,Mortensen, Pissarides)

Leur analyse porte sur les marchés et des frictions empêchant la rencontre entre offreurs et demandeurs. Plus exactement les marchés sur lesquels les offreurs et les demandeurs ne se rencontrent pas. Un exemple évident est celui du marché de travail, réglementé en termes d’embauche et de licenciement mais qui connait un prix planché, le salaire minimum, et qui peut dégrader les relations entre offre et demande de travail.

Comment s’explique la montée du chômage, alors qu’il y a de nombreuses offres d’emplois ? C’est sur cette problématique que se base la théorie, dite la théorie  DMP : « Plus les allocations chômage sont importantes, plus le taux de chômage est élevé et plus la durée de recherche est longue. »

Cette théorie peut s’appliquer dans le marché de l’immobilier.  Les acheteurs et les vendeurs n’étant pas  en contact les uns avec les autres, doivent dépenser du temps et de l’argent.  Des biens restent invendus alors que nombre de personnes ne trouvent pas de logement.

En marge de ses recherches pour une amélioration de l’économie de l’emploi, Pissarides se penche également sur le cas de la Grèce et tente de trouver de nouvelles approches stratégiques pour l’évolution du marché de l’emploi.

Ce que propose Christopher Pissarides pour sortir la Grèce de la crise

Christopher Pissarides, et les professeurs d’économie Kostas Azarides, Ioannis Ioannides,  constatent que le développement constitue une voie à sens unique pour l’économie grecque.  Leurs propositions ont pour but  d’augmenter jusqu’en 2020,  de 120% la productivité du travail par rapport à la moyenne de l’Union Européenne des 27  et de créer 1.2 millions d’emplois  dans le secteur privée,  en intégrant ainsi 800.000 jeunes, et 400.000 salariés du secteur publique dans le privée.

Quatre points importants sont à prendre en compte pour l’amélioration de la productivité :

–           L’instauration de la confiance, par exemple après douze ans d’exercice à l’Assemblée Nationale, les députés devront obligatoirement partir à la retraite, et ne plus exercer dans le domaine du publique.

–          La lutte contre la corruption consistera à réduire le nombre  de travailleurs dans le secteur publique de 1.100 millions à 700.000 jusqu’en 2015. Les entreprises publiques  seront vendues tout en étant efficace, les fonctionnaires excédents seront permissionnaires de 80% de leur salaire pendant un an, et 60% pendant deux ans, ceux de plus de 55 ans, seront soumis à un traitement particulier.

–          Recomposition des infrastructures : l’éducation publique sera financée et contrôlée par les préfectures régionales et non par le ministère de l’éducation. Une présence de la police dans les lieux universitaires sera obligatoire. En fin l’ouverture des universités privées sera privilégiée.

–          Réforme dans la fonction publique : Départ à la retraite à 63 ans et  les retraités percevront en moyenne 65% de leur salaire. En ce qui concerne les impôts, l’évasion fiscale sera sévèrement punie. Les  déclarations des impôts concernant les grandes fortunes et les professions libérales  seront contrôlées sous anonymat, une vérification sera imposée  en cas de réduction demandée.

Selon les trois professeurs, si ces mesures s’appliquent à l’économie de la Grèce, son niveau économique pourrait atteindre celui de la Hollande en 2020.

 

Quel parapluie pour la Zone Euro ?

L’affaire grecque a mis au jour la fragilité de l’union et de la solidarité européenne. Quel avenir pour la zone ?

La découverte du montant de la dette grecque par le gouvernement de Georges Papandréou, en octobre 2009 a fait trembler la zone euro. Elle s’élève à 12.8% du PIB au lieu de  3% fixé par le pacte de stabilité. Entre décembre et février Les agences de notation telles que Fitch et Moody’s  aggravent la situation en mettant des notes basses BBB+ et BBB- aux  banques grecques, les plus importantes Alpha Bank, Efg Eurobank Ergasias et Piraeus Bank). Au début de la crise, l’Allemagne s’est prononcée contre une aide financière, compte tenu notamment, de la suspicion concernant la fiabilité de ses statistiques. L’opinion publique allemande était contre.  En mars, un plan de soutien à la Grèce a été finalement adopté par l’Europe. La Grèce se doit de planifier une série de mesures d’austérité qui devraient générer 4,8 milliards d’euros d’économies, parmi lesquelles une hausse des taxes sur les alcools, le tabac, les carburants et les produits de luxe et le gel des retraites des fonctionnaires et des salariés du secteur privé, cette annonce a conduit à une grève générale à l’appel des principaux syndicats contre les mesures d’austérité. L’Etat grec doit emprunter plus de 50 milliards d’euros pour réduire la dette de 12.9% à 8.7 %(fin 2010). 250 milliards est le montant de la dette imposée pour fin mai. Pour le moment la Grèce obtient sur le marché financier international des prêts qui dépassent 400 points de base, environ les taux accordés à la RFA pour des échéances comparables.

Les CDS, un paradoxe

Se pose alors la question des risques. Les Crédit Default Swap (CDS) sont souscrit par des créanciers qui paient pour se couvrir si leur débiteur venait à ne pas rembourser toute sa dette: en cas contraire, une institution financière lui offre de prendre à sa charge cette dette dans cette éventualité. Plus la perception de non-remboursement augmente, plus les CDS vont demander à leur assureur de  faire preuve de solidité financière. La Grèce doit donc payer deux fois plus, si ces derniers produits n’étaient pas. Les banques qui ont aidé la Grèce à dissimuler la dette sont à l’origine des CDS.

Après la Grèce, où se dirigent les spéculateurs ?

Les agences de notations n’ont fait qu’aggraver la situation et poussent donc le pays à céder aux spéculateurs. Pariant sur la baisse du prix des obligations des pays du sud de la zone euro, ceux-ci vendent à terme ces obligations à découvert, avant d’en être les propriétaires réels, espérant ainsi profiter d’une baisse rapide pour générer des plus-values. Une stratégie, qu’ils alimentent en achetant des positions et en les revendant dans la foulée. Plus ils vendent, plus les prix baissent. Selon Bruno Moschetto, Professeur de sciences-économiques et ancien PDG de la Société Bordelaise, « Les treaders ne sont pas coupables, c’est leur devoir de tirer un bénéfice. Il n’est pas possible de tempérer les spéculateurs, les gouvernements n’ont pas les moyens monétaire, il est impossible d’interdire », « on ne peut pas empêcher les spéculateurs de  jouer sur les autres ».

La zone euro est elle à l’abri ?

Les PIGS, (Portugal ,Irlande, Grèce, Espagne (spain en anglais)), constituent une fragilité pour la  zone euro. D’ici peu ils pourraient avoir des difficultés à trouver des fonds sur les marchés internationaux. C’est ce qu’indique l’agence de notation Moody’s dans un rapport publié le 15 mars 2010. L’Irlande non loin du chiffre du déficit budgétaire de la Grèce, se trouve à 12.5% du PIB, l’Espagne à 11.2%, le Portugal à 8 % et l’Italie à 5.3%. Pour, Bruno Moschetto, « les pigs ont le même profil que la Grèce et les même critères d’identification des finances  publiques, un effet domino n’est pas à exclure. »

Des projets pour combattre la crise ?

Le 15 et 16 mars dernier  lors d’une réunion de l’Eurogroupe, dont le président est Jean-Claude Juncker, la crise grecque à soulevé des questions sur la nécessité d’une gouvernance économiques. Wolfgang Shâuble, le ministre des finances allemand, a lancé l’idée d’une éventuelle création d’un FME(Fonds Monétaire Européen). Il serait l’équivalent européen du FMI(Fonds Monétaire International), avec pour contrepartie un ensemble de sanctions qui vident de sa substance l’idée originale. Certains jugent qu’un tel organisme serait coûteux.  Un fonds de sauvetage est également destiné à aider les pays de la zone euro dont la dette est exposée aux attaques des spéculateurs. Ce fonds s’appuie sur l’article 122 du traité de Lisbonne qui prévoit des aides dans des cas exceptionnels.  Le premier ministre belge, Yves Leterme, à relancé l’idée du créer un trésor commun à la zone euro. Il consisterait de créer un marché de plus grande taille, à même de financer les structures nécessaires et d’élaborer une politique budgétaire anti-cyclique. Cependant l’Europe est parvenue à un compromis le 25 mars, suite à une deuxième réunion. Les taux d’intérêts seront attachés aux près bilatéraux que les pays de la Zone euro promettent d’accorder à Athènes, en cas de besoin en complément de l’assistance du FMI.  Ces taux seraient fixés à 5% ce qui est très cher par rapport à ce que la Grèce obtiendrait éventuellement du FMI (de 0.5% à 3% des échéances).

Le couple franco-allemand

Angela Merkel semble dominer la zone euro en imposant la participation du FMI, pour aider la Grèce. L’accord éloigne dans l’immédiat le risque d’un défaut de paiement de la Grèce. L’intransigeance de Merkel s’est fait ressentir, puisqu’elle disposera d’un droit de veto. Trois points de conditions ressortent :

–          Une intervention du FMI aux côtés des pays européens en cas d’aide à la Grèce.

–          Aucune  aide avant que la Grèce n’ait épuisé toutes les solutions de recours auprès du marché des capitaux

–          Pour déclencher un mécanisme de prêts bilatéraux, l’unanimité sera requise.

Ainsi, l’Allemagne disposera d’un droit de veto. Quant à Nicolas Sarkozy, il n’obtiendra qu’une vague promesse d’amélioration de la gouvernance économique de la zone euro.

Le dimanche 11 avril, la zone euro à décidée d’octroyer 30 milliards d’euros à la Grèce. Le ministre grec des finances, Georges Papaconstantinou « salue la décision de l’Europe, mais fera appel de cette offre, en cas de besoin imminent »L’Europe reste malgré tout politiquement divisée, et ne dispose d’aucun système de décision crédible. Le traité de Maastricht interdit à la Banque centrale européenne et aux Etats de soutenir un pays confronté à une crise budgétaire. Seul le FMI le peut. Si le financement de la zone euro est octroyé à la Grèce, qu’adviendra-t-il des autres pays confrontés au même problème ?  En tout état de cause, il paraît improbable que la Grèce puisse obtenir un retour à un taux de 8.7% de son déficit budgétaire d’ici au début de l’année 2011. En effet, pour ce faire il faudrait que son déficit primaire (déficit des finances publiques moins le paiement des intérêts de la dette) soit équivalent à+6% de son PIB à cette date, alors qu’il est actuellement de moins 8%.

« Le silence sans frontière »

C’est entre Civilisation et Citoyenneté que s’est déroulé un cercle de silence pour les sans- papiers.

Le vendredi 19 février à place St Honoré, non loin du Louvre et du conseil d’Etat, 80 personnes se sont réunies en cercle durant une heure de 18h30 à 19h30, « pour dénoncer en silence les mauvais traitements réservés aux migrants du seul fait qu’ils n’ont pas de papiers en règle ».

Au milieu du cercle était simplement déposée une lanterne, qui accentuait le caractère spirituel et pacifique de l’ambiance. « C’est un message symbolique pour nous de se rassembler devant le Conseil d’Etat » s’insurge Claudine, une manifestante. Chaque personne était munie d’un panneau accroché à leur dos. Pouvait –on lire sur un des ces panneaux « A ceux qui affirment que l’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde nous leur répondons qu’il fallait commencer par ne pas piller toutes les richesses du monde ».

Pour Jean-François, un manifestant, «  le grand tournant de cette politique de régulation était en 2006 lorsque Nicolas Sarkozy était ministre de l’intérieur ». « Les conditions de régulations de papiers étaient très aberrantes. On envoyait les sans papiers à Roissy sans même les juger. On gardait les nourrissons au centre de détentions », « il nous faut une régulation des flux migratoires », « Nous voulons que la France redevienne un pays d’accueil » ajoute t – il.

En France, 180 cercles se sont formés. A Paris, c’est la quatrième fois depuis deux ans  que les gens protestent en silence. « Pour la plus part des manifestants c’est  une manière d’éviter le caractère hurleur des manifestations » reconnaît, Jean-François. « Ils  refusent d’être encadrés par la loi 1901 ».

Plusieurs associations Chrétiennes, dont les moines franciscains de Toulouse organisent les manifestations silencieuses. Souvent se sont des cercles à thème qui s’effectuent tout le 3ieme vendredi du mois.  Pour rassembler le plus de gens, ils font des témoignages chrétiens, collectent des fonds, organisent des cafés-concerts, utilisent internet. Le bouche à oreille se fait aussi de manière courante, et grâce à la presse, le nombre de participants a augmenté.

Emancipation de la Femme Turque interview @ la Chypriote

Berfin, étudiante franco-turque en psychologie.

Il y-a t-il une différence de liberté entre la femme en France et la femme en Turquie ?

B La femme en France a plus de droit et en raison de son niveau d’études plus élevé. En Turquie, il y a un cadre de famille à respecter, l’homme travaille et la femme s’occupe de la maison et des enfants. Comme a l’époque en France, mais ceci avec les études progresse. En France, la femme a une liberté d’expression qu’elle n’a pas en Turquie. Elle n’est pas non plus libre dans ses actes : par exemple, elle ne peut pas aller à tel endroit à telle heure. Ceci dépend de la région géographique dans laquelle on se situe, de la famille, et du niveau d’études.

Est ce que les femmes turcs en France restent attachées à leur identité ou bien essayent elles de s’acculturer à la femme française ?

B Je pense que les femmes turques en France garde leur identité même si elles sont dans un autre pays, dans une autre culture parce qu’on ne peut pas ignorer notre identité originaire. Même si on change de lieu, on garde notre identité, avec les expériences que nous vivons.

Il y a un grand nombre de mariages arrangés? Si oui, pourquoi ?

B Oui  il y en a. Ceux qui le font doivent mieux le savoir que nous. Je ne pourrais pas m’avancer sur cette question.

L’avortement est-il tabou en Turquie ? La religion pose t elle problème ?

B Oui, dans les villes encore rurales mais moins dans les grandes villes. Mais cela dépend du niveau d’éducation et du milieu social auquel on se fie. La religion pose problème car c’est interdit dans l’islam. Il y a beaucoup de femmes qui le font tout de même et ceci en cachette. C’est un sujet plutôt tabou mais en cours de progréssion.

Que pouvez-vous me dire sur la sexualité en Turquie ? Il y a t’il une différence entre les deux pays Turquie/France ?

B Je pense que la sexualité se parle plus facilement en France, il y a moins de tabou à ce sujet et peut-être même que c’est un peu extroverti. Tandis qu’en Turquie, ce n’est pas un sujet dont on peut en parler avec qui on veut et où on veut. Cela revient aussi  à la question de l’avortement et dépend beaucoup du niveau d’études et du milieu social des personnes.  Mais  on en parle plus grâce à internet et à la télévision.
Le port du voile est-il obligatoire ? Dans quelles circonstances les femmes portent t elles le voile ? Et qui  sont-elles ?

B Non, la Turquie reste un pays laïc. Lorsqu’elles vont à la mosquée, ou qu’elles font la prière. Il y a des pratiquantes et croyantes qui portent le voile et d’autres non. Celles-ci le portent dans leur quotidien lorsqu’elles sont dehors et l’enlèvent seulement lorsqu’elles sont entre femmes. Le port du voile est laissé à la libre conscience de chacun.  Il y a aussi des femmes campagnardes qui le portent par habitude, par transmission de la coutume. Il existe des filles qui le portent à cause de la « pression », de l’obligation de la famille ou des mœurs. Mais il ne faut pas généraliser l’ensemble de la population voilée à ce cas de figure.

Interview sur la Turquie et l’Europe avec Gilles Bertrand @ la chypriote

Giles Bertrand, Professeur à Sciences-po, Spécialiste Turc

Après plusieurs processus d’adhésion de la Turquie dans l’Union Européenne, le mois de Décembre sera très important il marquera la date-limite fixée par le parlement européen pour la mise en œuvre du protocole d’Ankara. Erdogan le premier ministre et dirigeant de l’AKP, doit faire ses preuves, c’est à dire tenir l’équilibre entre les institutions et l’armée. Si l’Europe est contre l’adhésion, quel sera l’avenir d’Erdogan ?

G.B Il perdra de sa crédibilité. Son parti risque de se radicaliser et les réformes, notamment dans le sens de l’alignement sur les standards européens, de s’interrompre pour longtemps.

Les débats qui se tenaient entre la Turquie et l’Europe étaient d’ordre géographique, culturel, économique, politique, de nos jours la question est plutôt centrée autour de l’identité européenne en Turquie. Pensez vous que l’Europe est en quête de sa propre identité ?

G.B Les dirigeants politiques européens actuels jouent trop de la rhétorique de l’identité, c’est dangereux. L’Europe réunit des peuples et donc des individus aux identités diverses et parfois plurielles. Vouloir construire l’Europe sur une identité particulière chrétienne voire blanche, est une erreur que nous payerons un jour ou l’autre, car cela risque de raviver ce que Freud appelait « le narcissisme des petites différences ».

Plusieurs rencontre entre le président chypriote grec Christofias et le président chypriote turc Mehmet-Ali Talat se déroulent en ce moment même pour une solution sur la question chypriote plus juste et viable, pensez vous qu’une réunification de l’île est alors possible ? Qu’est ce que l’identité chypriote pour vous ?

G.B La réunification de Chypre est possible à condition notamment que les élites politiques de part et d’autre du mur fassent preuve de bonne volonté et acceptent de partager le pouvoir. L’identité chypriote repose sur un héritage culturel commun, un vivre-ensemble multiséculaire. Ce qui divise le plus, c’est la religion dès lors que l’identité religieuse est manipulée à des fins politiques. Si la religion devient une affaire privée, comme c’est le plus souvent le cas en Europe, alors il faut être optimiste pour l’avenir d’une république de Chypre unie.

Comment expliquez-vous que seule la Turquie reconnaisse la  »République Turque de Chypre Nord » ?

G.B Cette entité est le résultat d’une opération militaire turque et n’a aucune légitimité.

L’armée Turque est toujours stationnée à Chypre alors qu’il lui est impératif pour son adhésion de se retirer du territoire pourquoi ne le fait-elle pas ? Et pourquoi n’ouvre t’elle pas les ports et les aéroports ?

G.B L’armée turque avait acceptée, dans le cadre du plan Annan, de se retirer graduellement de Chypre (2011, 2018). Le plan a été rejeté par les Chypriotes grecs. Le gouvernement turc garde le retrait comme carte dans la négociation en cours. Idem pour l’ouverture des ports et des aéroports, qui implique la reconnaissance par la Turquie de la république de Chypre. Le gouvernement turc garde cette carte pour la négociation sur la réunification de l’île.

Lorsque Obama a rendu visite à Erdogan, il lui a dit que la Turquie devrait être un modèle du monde islamiste, est-il possible de combiner Islam, Europe, et Etats-Unis ?

G.B L’islam est déjà en Europe : la Grèce compte environ 100 000 musulmans turcophones, sans parler des migrants, la Bulgarie compte, elle, 1 million de turcophones, eux aussi musulmans. Je ne parle même pas de l’Europe de l’Ouest (plusieurs millions de musulmans). Sont-ce les musulmans qui font obstacle à l’approfondissement de l’UE ? Non, ce sont notamment des partis qui se méfient ou rejettent les musulmans ?

La Turquie a récemment normalisé ses relations avec l’Arménie suite à la signature d’un Accord de paix, pourquoi n’a t’elle toujours pas reconnue le génocide arménien ? Cela pourrait-il être un obstacle pour son adhésion à l’Union Européenne ?

G.B Je crois qu’il s’agit d’une carte dans la négociation. C’est une question complexe. Il faut penser que des générations de Turcs ont appris à l’école que les Arméniens avaient commis des massacres contre les Turcs, et non l’inverse. Il faut laisser les Turcs « digérer » l’histoire du génocide, sans bien sûr croire que tout le monde va accepter la réalité historique sans broncher.


G.B  Le fait que le président irakien soit un Kurde ferme la porte à la création d’un Kurdistan irakien indépendant, et diminue le risque d’explosion régionale sur cette question.

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